29 novembre 2014

Le magazine Bilan publie: Luxe et savoir-faire

Bilan_Luxe.Savoir-faire

Depuis toujours, le savoir-faire artisanal suisse à forte valeur ajoutée s’est cantonné aux compétences qui s’exportent à merveille, l’horlogerie en tête. Mais mis à part ce secteur toujours florissant, quels sont les autres domaines qui constituent le savoir-faire suisse dans l’industrie du luxe aujourd’hui ?
Le Swissness boosté par le chocolat ou la dentelle de Saint-Gall, tout le monde connaît. Comme le rappelle Xavier Casile, publicitaire franco-suisse auteur du livre « So Sweet Zerland » qui fait l’éloge de toutes ces pépites made in Switzerland, la Suisse est un pays qui a de « good Heidi ». Mais une fois le cliché épuisé, que reste-t-il du savoir-faire suisse aujourd’hui et se contente-t-il de rester dans son pré carré bien vert? L’esprit d’innovation que l’on retrouve aux quatre coins de la Suisse s’exporte bien, aidé par le Switzerland Global Enterprise (S-GE), anciennement l’OSEC, et relayé par les Swiss Business Hubs à l’étranger, qui depuis ont redoublé d’efforts pour vendre de manière plus intense encore les atouts de la Suisse, malgré le vote du 9 février. Et ça marche. De grands noms viennent même en pèlerinage en Suisse mieux comprendre cette particularité helvétique.
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Mais dans la tendance actuelle du luxe de lutter contre l’obsolescence, le savoir-faire suisse a, dans ce sens, une véritable carte à jouer. » Il est même une marque de longévité, pour Nicolas Le Moigne, responsable du master luxe à l’ECAL. « Penser au luxe en Suisse c’est penser pour moi à des marques comme Vitra et USM, par exemple. Qui sont toutes deux des marques qui existent depuis longtemps et dont le design est resté inchangé. Ce sont des objets iconiques qui perdurent dans le temps, pour moi la première valeur du luxe. Citer une marque comme USM dans l’univers du luxe peut sembler contradictoire a priori. Ce n’est pas la matière qui fait le luxe, mais comment l’artisan la travaille. Le degré de finition, l’attention au détail sont des composantes du luxe. Le savoir-faire suisse, le design suisse se caractérisent par de l’ultrafonctionnalité. Un design qui ne lâche pas, comme le couteau suisse. La qualité d’exécution, le degré d’exigence et de perfection sont les valeurs fondamentales qui valorisent le savoir-faire suisse. Et dans le luxe a fortiori. Ce que nous essayons de partager avec les élèves de l’ECAL c’est cette idée de design qui perdure dans le temps, minimaliste et très précis. Ces spécificités, très suisses, sont une carte à jouer pour le pays au sein de l’univers du luxe mondial. Que je compléterais par sa très forte capacité à innover et à utiliser les technologies les plus avancées, grâce à l’EPFL entre autres. L’ECAL s’emploie d’ailleurs depuis longtemps à construire ce pont entre technologie et application au travers de l’ECAL LAB. »
Savoir allier technologies innovantes et procédés artisanaux ou industriels traditionnels, c’est certainement l’une des clés de l’exception helvétique. Des savoir-faire suisses naissent là où on ne les attend pas. Et parviennent même à supplanter ou à conseiller de glorieuses maisons historiques à l’étranger.
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Article: Cristina D’agostino
www.bilan.ch