Mars 2014

Bilan publie: “Les métiers du luxe ont le vent en poupe”

Bilan_luxe

«Le luxe est devenu un sujet extrêmement banal, constate Franck Belaich, directeur du master en marketing du luxe au CREA & SAWI à Genève. Tous les secteurs, toutes les marques prennent comme modèle les stratégies marketing des marques de luxe qui sont à la pointe. En période de crise, qu’est-ce qui parle plus à un consommateur que de lui dire: Vous êtes unique?»

Le marché du luxe est en pleine croissance, et forcément ce domaine a besoin de talents. Pas surprenant de voir fleurir tant de formations liées à ce secteur en Suisse romande. Quels sont leurs spécificités et leurs points forts? De la création au service en passant par le marketing, la communication et la santé, le point avec les responsables de ces programmes très courus.

ECAL, Renens: Design for Luxury & Craftsmanship

Né voilà cinq petites années de la volonté de l’ancien directeur Pierre Keller, le MAS in Design for Luxury & Craftsmanship, de l’ECAL à Renens, a été réorienté depuis sous la nouvelle direction d’Alexis Georgacopoulos. Aujourd’hui, le programme s’est taillé une réputation royale au niveau international.

Après une année intensive, les étudiants triés sur le volet «savent qu’ils vont pouvoir travailler avec de grandes marques», explique le designer et responsable du programme Nicolas Le Moigne. Pendant le premier semestre, et à raison d’une collaboration par marque et par mois, la douzaine d’étudiants va présenter des projets. Que ce soit pour des vitrines de boutique, des accessoires dans le domaine du parfum ou des plats en argent.

Durant le deuxième semestre, ils devront développer tous les projets sélectionnés par les partenaires impliqués, dans le but de les voir commercialiser. «Ils se plongent au cœur des manufactures. Il y a des codes à respecter, un savoir-faire. Je m’assure que tous les projets sont réalistes avant que les étudiants ne les présentent eux-mêmes.»

Le programme est si efficace et bien reçu par les professionnels du luxe que, à l’heure actuelle, Nicolas Le Moigne doit refuser des collaborations sur la prochaine volée. «Les marques veulent absolument travailler avec nos étudiants!» Ces élèves, qui ne viennent pas forcément du secteur luxe, arrivent de partout dans le monde. Et souvent avec une idée préconçue, qui sera bien différente à la fin du master.

Nouveauté de taille pour la formation originale que propose l’ECAL: cette année, un partenariat sur le long terme a été mis en place avec Vacheron Constantin. Les étudiants passent plusieurs jours dans la maison horlogère, en interne, pour comprendre l’univers de la marque et le savoir-faire de fabrication d’une montre. L’ECAL travaille également sur des projets spéciaux pour Vacheron Constantin, comme l’installation présentée lors du dernier SIHH. «Nous leur proposons des idées, des concepts qu’ils peuvent utiliser, tandis que nous bénéficions de leur savoir-faire.»

Texte de Camille Destraz
www.bilan.ch